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L' Oeuvre du Mois

Posté le 03 Septembre 2018 par L'équipe Lascaux

Joan MIRÓ (1893-1983) – Bleu II – 1961 – Huile sur toile

Lascaux IV

Centre International de l'Art Pariétal

 

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Comment, se demandait Georges-Henri Luquet, l’idée de tracer une figure sur un fond a-t-elle pu traverser l’esprit du « premier artiste », auquel, par définition, faisait défaut toute référence à une quelconque tradition ancestrale ?

Pour lui, il s’agit d’une auto-imitation.
Ou ne serait-ce pas tout simplement un besoin de créer, de laisser une trace ?


Que de nombreux artistes des avant-gardes se soient tournés vers la préhistoire, n’est pas très étonnant. Leur volonté était de rompre avec les académismes de toutes sortes : politiques, sociaux… Avant la Grande Guerre déjà, le combat des avant-gardes contre l’imitation de la nature se doublait de leur lutte contre l’histoire qu’ils jugeaient conservatrice.

Le plus représentatif d’entre eux reste Joan Miró car il se tourne vers le passé pour inventer le futur de l’art. L’artiste a librement et résolument emprunté à toute forme créée par la main de l’homme durant la préhistoire. La langue poétique de Mir? est née d’un échange croisé de l’enfance et de la préhistoire.
Lassé des codes du réalisme académique, l’artiste cherche à rompre avec celui-ci et se tourne donc vers la préhistoire afin d’effectuer un retour aux sources et faire table rase du XXe siècle troublé et violent. Il est bouleversé par la capacité artistique des premiers hommes.

Après une période abondante de production, Miró fait le vide et 1961 marque une étape particulière dans son oeuvre : il se lance dans la réalisation de triptyques dont l'un des plus célèbres est cette oeuvre picturale consacrée aux "Bleus" - "Bleu I, Bleu II, Bleu III" - conservée dans son intégralité à Beaubourg depuis 1993.
Les « trois Bleus » ont été peints entre décembre 1960 et mars 1961 dans son grand atelier de Palma de Majorque, construit par José Lluís Sert en 1956. Il permettait enfin à Miró de créer de très grands formats, et de se « libérer » totalement. Ces trois temps d’une même oeuvre, marquent l’accomplissement de toute sa recherche plastique et poétique. « Il m’a fallu […] une très grande tension intérieure, pour arriver à un dépouillement voulu ».

 

Pour Miro, cette oeuvre est un acte physique entier. Il brosse sa toile de la « couleur de ses rêves », le bleu, pour nous transporter dans cet espace infini quasi cosmique à la fois diurne et nocturne. Il le ponctue d’éléments graphiques élémentaires (points et traits) avec un geste spontané mais précis et n’utilise que les couleurs noires et rouges.

Le Centre International de l’art pariétal met en exergue l’art de Mir? et son travail sur l’art pariétal à travers plusieurs oeuvres dont la célèbre Eloge de la main (1975) et Le tableau Constellation (1941) inspirée de relevés des tracés désorganisés de l’abside de l’abbé Glory et présentées dans la Galerie de l’Imaginaire.

 

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Joan Miro, Bleu I, Bleu II, Bleu III, 1961, huile sur toile, Centre Georges Pompidou – Beaubourg, Paris

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