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L' Oeuvre du Mois : Botero

Posté le 15 Avril 2019 par L'équipe Lascaux

Standing woman – Fernando Botero - 2006

Fernando Botero, né le 19 avril 1932 à Medellín, est un aquarelliste et sculpteur colombien réputé pour ses personnages aux formes rondes et voluptueuses depuis 1958, lorsqu'il gagne le premier prix du Salon des artistes colombiens inspiré de l'art précolombien.

S'étant lui-même surnommé ironiquement « le plus colombien des artistes colombiens », il est l'un des rares artistes à connaître le succès de son vivant.

Ses sculptures monumentales ont envahi les prestigieuses avenues du monde, ses tableaux battent des records de vente et « unique » est l’adjectif qu’utilise Fernando Botero pour décrire son oeuvre et son parcours, une succession de hasards ou plutôt, comme l’artiste aime le souligner, le signe d’un destin tracé.

Au gré de ses nombreux voyages aux États-Unis et en Europe, Fernando Botero a développé un style qui lui est propre. Ce style, que l’on peut remarquer dans ses peintures, dessins et sculptures, lui permet de n’être associé à aucun mouvement ou courant artistique. Son oeuvre est, par ailleurs, essentiellement inspirée de l’art précolombien populaire et trouve sa source dans l’Antiquité avec la thématique des Vénus et dans les idoles préhistoriques comme la Vénus de Lespugue et la dame de Brassempouy.

Image de la Vénus dans l’histoire de l’art

L’image de la Vénus est constante dans l’histoire de l’art. À la préhistoire, la Venus de Willendorf, découverte en 1908, aux formes généreuses, peut évoquer la fertilité et est l’une des représentations figuratives de la femme la plus
répandue. Durant l’Antiquité, les statues féminines comme la Vénus de Milo sont le symbole d’harmonie et de beauté pure. Au Moyen-âge, c’est une image religieuse qui est mise en valeur avec les représentations de la Vierge. À la Renaissance, un nouveau type de peinture apparaît avec les Vénus de Giorgione et Titien qui allie la pureté antique et la religiosité. Le XIXème siècle avec le Néo-Classicisme prône le retour à la rigueur et au « beau idéal » antique. De nombreux artistes contemporains ont repris cette image iconique en les adaptant au monde contemporain comme Jeff Koons avec sa Venus Balloon ou Constantin Brancusi avec Mademoiselle Pogany, directement inspirée de la Dame de Brassempouy. Fernando Botero poursuit, donc, cette tradition ancestrale qui perdure depuis la préhistoire.

Avec ironie et ingéniosité, Botero fait éclater les formes, les cuisses, les bras, les joues… les personnages gonflent, les robes bouffent, les instruments perdent le sens de leur proportion. Il séduit avec les formes enjouées et démesurées de ses oeuvres. Son but est de retrouver le volume que la peinture et la sculpture contemporaine ont complètement oublié.

« Le monde l’art est parallèle au monde réel, on ne peut pas les comparer ». Dans cette optique, l’artiste ne respecte pas les proportions de ses sujets qu’il adapte à sa toile et non à la réalité. Il va donner à sa création leurs pleines dimensions, rendre palpables ces formes voluptueuses qui offrent à ce que l’artiste appelle « une alternative poétique à la réalité ».
Après de nombreuses expositions en Colombie, le déclic se produit avec l’oeuvre Nature morte avec la mandoline.

« J’ai toujours essayé de rendre le monumental dans mon oeuvre. Un jour après avoir énormément travaillé, j’ai pris un crayon au hasard et j’ai dessiné une mandoline aux formes très amples comme je le faisais toujours. Mais au moment de dessiner le trou au milieu de l’instrument et je l’ai fait beaucoup plus petit et soudain la mandoline a pris des proportions d’une monumentalité extraordinaire ».

L’artiste a comparé, lui-même, ce moment avec le fait de « franchir une porte et entrer dans une autre pièce » … À travers un genre encore jamais exploité jusqu’alors, le « style Botero » était né.

C’est très certainement l’installation de ses sculptures monumentales dans les grandes villes du monde qui ont marqué durablement les esprits et fait entrer l’oeuvre de Botero dans la culture populaire en l’imposant auprès du grand public.

Partagé entre deux continents, ce géant qui alterne peinture et sculpture a créé en soixante ans de travail, une oeuvre originale unique à travers laquelle, à l’image de ses personnages plus grands que nature, il domine son époque. Ses oeuvres sont vues dans le monde entier. On reconnait un Botero comme un tableau de Van Gogh : une signature que seuls les plus grands laissent à l’histoire de l’art.

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