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L'OEUVRE DU MOIS : BÂMIYÂN À LASCAUX

Posté le 28 Aout 2019 par L'équipe Lascaux

Pascal Convert

De juillet 2019 à janvier 2020, le Centre International de l’Art Pariétal présente une grande installation composée de photographies, de vidéos de la présentation d’un livre d’artistes ainsi que de prêts d’oeuvres du Musée Guimet. Cette oeuvre confronte, dans le parcours du visiteur, l’imaginaire et la réalité des deux grottes. Celle de Lascaux, un des trésors de l’art universel, un des lieux originaires de la peinture et de la culture occidentale, et celle de Bâmiyân, située au centre-est de l’Afghanistan, à 200 kilomètres de Kaboul, occupée par des lieux de méditation. Entre l’an 300 et l’an 700, des Bouddhas géants y furent érigés. Ce site était un témoignage majeur de l’école d’art gréco-bouddhique du Gandhara. Sur la falaise, à l'intérieur de niches géantes, se dressaient deux statues colossales de Bouddha debout, l'une de 38 mètres à l'est, l'autre de 55 mètres à l'ouest. Outre ces niches, 750 grottes avaient été creusées dont un dixième environ contenait des peintures murales et des sculptures en argile et que l'on peut désigner sous le terme de grottes sanctuaires.

Les Bouddhas géants sculptés de Bâmiyân doivent surtout leur célébrité à leur destruction par les Talibans le 11 mars 2001 suite à un édit condamnant les idoles, promulgué en 1996. A l’époque, le monde occidental n’a pas complètement pris la mesure de cet événement qui pourtant s’inscrit dans une chronologie qui conduit à la destruction des deux tours géantes de New York, sept mois plus tard exactement, le 11 septembre 2001.

L’objectif premier de « l’épuration culturelle » menée par les extrémistes islamistes n’est autre que de nous faire littéralement perdre la mémoire. Et, avec elle, notre conscience.

L’oeuvre, avant tout sculpturale, utilise des matériaux singuliers tels que le verre, la cire, la laque, le cuivre ou l'argent et allie les techniques les plus contemporaines avec les plus anciennes. L’empreinte constitue le premier geste du travail de Pascal Convert, toujours renouvelé, suivie de prélèvements, de répliques, de coupes et découpes, de cristallisations et de transmutations.

Détruire une sculpture, ce n’est pas simplement « casser des pierres », c’est dénier à tout être humain la possibilité de représenter un être vivant. Cela témoigne aussi d’une volonté absolue de détruire tout passé, toute histoire. Mais l’explosion des centaines de mines n’a pu détruire totalement l’existence des Bouddhas, il en reste la trace.

« Lors de mon séjour à Bâmiyân, en plus du scan 3D au moyen de drones, j’ai utilisé une technologie de prise de vue photographique d'ordinaire utilisée pour détecter les microfissures dans les pales d’éoliennes. Cette technologie a permis la fabrication d’une image à l’échelle 1 de la falaise par un système de tuilage de quatre mille photographies. » Pascal Convert

Le spectateur a ainsi le sentiment d'être devant un objet photographique dont les qualités visuelles et tactiles sont celles d'une empreinte directe.

Après avoir détruit les deux grands Bouddhas, “les Talibans”, écrit Pascal Convert, “se sont acharnés dans les cellules de moines à recouvrir les admirables fresques avec les traces infâmantes de leurs chaussures”. Grâce à la présence de ces deux histoires à Lascaux IV, le spectateur sera invité à penser qu’il doit être le témoin d’une culture afin qu’elle ne meurt pas.

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