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L' Oeuvre du Mois

Posté le 27 Juin 2018 par L'équipe Lascaux

Nicolas DE STAËL (1914-1955) – Les Toits - 1952 – Huile sur Isorel

Centre International de l'Art Pariétal Montignac-Lascaux

 

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Nicolas DE STAËL (1914-1955) – Les Toits - (Composition, Les toits ; Paysage ; Ciel de ville ; Ciel de Dieppe) – 1952 – Huile sur Isorel 

 

Personnalité à la fin tragique, le peintre occupe, dans l’art d’après-guerre, une place unique. Dépassant l’opposition « abstraction/figuration » qui caractérise alors le monde de l’art, il suscite controverse et passion. Il acquiert très tôt une célébrité internationale puis l’intérêt d’un public de plus en plus vaste.


Montrer Nicolas de Staël aujourd’hui, c’est saisir l’actualité d’une oeuvre. 3 thèmes occupent une place primordiale dans son désir de renouvellement et son retour à la figuration, le conduisant à une liberté toujours plus grande : la matière, les paysages et les natures mortes.


Après l’impressionnisme qui prônait la transparence, la densité de la peinture fait son retour. La couche devient relief et la couleur devient le sujet de la toile.


Considérant le débat abstraction / figuration hors de propos, Staël, qui disait dès 1950, « toujours, il y a toujours un sujet, toujours », avait comme seule exigence la « peinture » qu’il va utiliser comme un sujet vivant. En 1942, il rompt avec la figuration mais pas de manière radicale.


Si la matière est au coeur de son travail, elle est une préoccupation commune aux peintres des années 50. Ils ont même été regroupés sous le nom d’Ecole de Paris. L’abstraction américaine, elle aussi, développe ces années-là, l’épaisseur et la richesse pigmentaire. Après la mort de Nicolas de Staël, la peinture va, dès la fin des années 50, prendre le large et les matières seront très peu travaillées et transformées.

Nicolas de Staël affirmait, lui-même, « Tout mon art part d’Altamira ». Il est principalement influencé par le travail de la matière, l’épaisseur de la paroi, la différence de texture. La simplicité des peintures rupestres des grottes d’Altamira, l’émerveille. « La pierre épouse parfois la forme du taureau. Et plus on regarde, plus on sent le mouvement de la bête. Il y a une vie intense là-dedans, un mouvement spontané. Si on représente la vie de ces gens-là, toute la grotte prend un aspect étrangement puissant, réel ». Il n’eut pas le droit de faire de croquis, « alors j’ai passé mon mouchoir sur le dessin que je préférais mais je crois que cela ne veut rien dire que mon mouchoir soit noir, rouge et ocre ». Il est tout entier dans chacune de ses phrases, comme si c’était un geste sans repentir possible. Il le sera jusqu’au bout.

Cette toile, qui ouvre la série des « Murs » commencée en 1951, marque un tournant dans l’oeuvre de Staël. Après près de dix ans d’oeuvres dites abstraites, mais s’opposant aux avant-gardes qui mettaient en avant l’abstraction, Nicolas de Staël revient à une peinture plus « réaliste ».

Cette oeuvre monumentale fait référence à un sujet : le ciel vu à Dieppe ou les toits parisiens qu’il voyait de son atelier. La référence au réel est présente mais la composition ne respecte pas la perspective. Ici, le ciel s’allonge jusqu’à l’entassement des tesselles aux tonalités sombres qui couvrent la partie inférieure du tableau. La partie supérieure est purement abstraite. Une ligne d’horizon les sépare.

La peinture à l’huile est écrasée au racloir et la gamme chromatique au gris, blanc et bleu qui donne une impression d’agrandissement de l’espace. Les tailles et la matière varie du lisse au rugueux. Notre regard est attiré en permanence sur le ciel gris mais nos yeux se baladent entre les différents carrés noirs du premier plan.

Après avoir été présentée sous des nombreux titres tels que Landscapes ou décrite comme représentant la côte de Dieppe, la toiles rentrent au Centre Georges Pompidou, en 1952, sous le titre Les Toits. Tous ces intitulés laissent place à des interprétations figuratives différentes. Elle vous est maintenant présentée parmi les 90 écrans de la galerie de l’imaginaire au Centre International de l’Art Pariétal.

 

 

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